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Si j'étais Président

23 avr 2012 in réflexion, Traductions

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A l’occasion de cette journée tout à fait spéciale dans le cours de l’histoire de France, à savoir le 1er tour de l’élection présidentielle, nous nous sommes intéressés à la chanson Manifesto d’un groupe que nous aimons bien : RADWIMPS

RADWIMPS, c’est un quatuor pop-rock aux inspirations punk qui sait être décapant, débordant d’autant d’énergie que B’z avec cependant des lignes de chants et une voix plus dans la norme j-pop qu’Inaba (qui est hors norme).

Manifesto, que l’on comprendra sans mal comme « manisfeste », se traduira peut-être plutôt par « programme ». Au Japon, le manifeste semble en effet correspondre aux programmes que les candidats proposent durant les élections. Mais ici, à vrai dire, on peut comprendre ce Manifesto comme un vrai manifeste politique.

Evidemment, nous vous renvoyons au clip tout à fait ingénieux puisque le groupe est allé jouer devant le Parlement japonais au centre de Tokyo, bâtiment reconnaissable à sa forme originale, ou du moins réussit à nous le faire croire.

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RADWIMPS parodie pour l’occasion les codes communistes avec pseudo drapeau rouge, petit livre rouge brandi par les fans, gardes rouges en costumes militaires et brassards. La scène est ici une véritable tribune politique et le chanteur prend des allures presque inquiétantes de révolutionnaire apprenti dictateur. D’ailleurs, lorsque des rebelles envahissent la scène, ils sont réprimés et le chanteur sort alors un pistolet !

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore le clip, nous ne dévoilerons pas la fin, délicieuse, comme si toute utopie était destinée à mal tourner et mal finir…

http://www.youtube.com/watch?v=smH_qPRe3XM

Mais justement, qu’en est-il de l’utopie, de l’esprit révolutionnaire affichée dans le clip, dès lors qu’on se penche sur les paroles ? On va constater qu’un observateur non nipponophone, à la vue des images, ne pourrait jamais se douter de ce que raconte le chanteur…

Manifesto

Si je devenais Premier Ministre, on organiserait une cérémonie de mariage à 100 millions de yens
En récupérant un yen par personne parmi le peuple

Si je devenais Premier Ministre, un jour durerait 25 heures
Et cette 25ème heure devrait être consacrée à l’amour

Si je devenais Premier Ministre, même si on dit que c’est inutile,
Je rallongerais les rails jusqu’à chez toi et terminus serait chez moi

Et en récompense de tout ça, l’anniversaire de la personne la plus importante parmi le peuple serait un jour férié
Et officiellement, et littéralement, tu serais ma Première Dame

Si je devenais Premier Ministre, si je devenais Premier Ministre,
Si je devenais Premier Ministre, ton anniversaire serait un jour férié

Si je devenais Premier Ministre, si je devenais Premier Ministre,
Si je devenais Premier Ministre, je le ferais, promis

Si je devenais Premier Ministre, je ferais souffrir de toutes mes forces tout ce qui te fait souffrir
Et à la fin je le ferais exclure de ce pays

Si je devenais Premier Ministre, on raconterait tout de nous
A la manière de ces grandes histoires dans le monde on raconterait tout dans les moindres détails

Alors donnez-moi votre voix fidèle, rêveuse et amoureuse

Si je devenais Premier Ministre, si je devenais Premier Ministre,
Si je devenais Premier Ministre, le drapeau national prendrait tes formes

Si je devenais Premier Ministre, si je devenais Premier Ministre,
On donnerait la Légion d’Honneur à ton papa et ta maman qui t’ont faite et élevée

Avoir beaucoup est inutile, je n’en vois pas la nécessité
Une seule chose venant de toi me suffit

[...]*

On mettrait fin à la majorité et à l’opposition, aux huées et à aux insultes, et on les supprimerait
Tout cela n’est qu’inconvénients, disons-le comme ça

Les mardis comme les samedis comme les jours de pluie je cherchais quelque chose
Et c’est ici que je l’ai trouvé, et c’est là -bas que je l’ai trouvé

Je ne suis pas Premier Ministre mais… Je ne suis pas Premier Ministre mais…
Je ne suis pas Premier Ministre mais je sais ce qu’est être « le meilleur »
Je ne suis pas Premier Ministre mais… Je ne suis pas Premier Ministre mais…
Sans même que je devienne un mec comme ça, en tout cas, toi tu es ma Première Dame

* Passage non traduit en raison de certaines complexités linguistiques ! Nous avons bon espoir de régler ça et de proposer très bientôt une traduction entière !

A propos de Manifesto : Quelle surprise effectivement ! Même si certains propos contiennent un peu de dureté, comme « faire souffrir ce qui te fait souffrir », on est loin des images que le clip renvoie et qui pourraient laisser présager un appel à la révolution (même si les fans dans le public ressemblent plus à des fans d’un groupe de rock qu’à des militants d’une cause révolutionnaire..).
Au lieu de ça, nous avons une astucieuse chanson d’amour, une malicieuse déclaration d’amour. Nous nous trouvons à l’apogée de l’individualisme, chose encore rare dans la société japonaise, où le chanteur exprime sa volonté de laisser primer son désir personnel sur tout le reste : sa petite amie et son amour pour elle sont placés au sommet du pays, et les autres n’ont qu’à suivre !

Evidemment, certains passages sont tendrement naïfs, comme les anniversaires qui deviendraient des jours fériés. On a l’impression d’entendre un adolescent. Même si, en réalité, nombre de dictateurs instituent leurs anniversaires comme fête nationale… Ici, le chanteur rêve donc de mettre en place une dictature, non pas communiste du peuple pour le peuple, mais une dictature individualiste de lui-même pour lui-même. Puisque la société japonaise oppresse les individus, le chanteur n’aspire qu’à une chose, prendre le pouvoir et changer les règles du jeu. D’ailleurs, le texte n’est finalement pas si naïf puisque l’un des derniers couplets parle d’en finir avec les partis de la majorité et de l’opposition. Il n’y a donc plus de partis, donc plus de démocratie.

Pourtant, le chanteur ne semble pas vouloir la fin de la démocratie, peut-être simplement la fin de la médiocratie (la société des médiocres) où règnent « les huées et les insultes ». Il suffit de regarder quelques séances de notre Assemblée Nationale française pour se rendre compte, avec stupéfaction, du comportement médiocre de nombre de députés, lesquels effectivement excellent dans l’art de la huée et des noms d’oiseaux…

Alors, RADWIMPS chantre de la dictature ? Oui et non, chantre de la dictature politique, sûrement pas, chantre de l’individualisme qui se moque en fait de la politique, sûrement. Puisqu’à la toute fin il déclare en fait n’avoir aucune envie d’être Premier Ministre.
Chantre de l’amour, certainement, puisque dans tous les cas, sa petite amie sera toujours à ses yeux sa Première Dame.

Enfin, il sait ce qu’est être « le meilleur » (entre guillemets dans le texte original). Chacun possède sa définition d’être le meilleur, ou plutôt « le premier » si on traduit plus près du sens initial. Pour beaucoup, c’est monter le plus haut dans sa carrière. Pour lui, très certainement, c’est être le meilleur petit ami possible.

Quelques remarques : Au Japon, les invités d’une cérémonie de mariage se doivent de donner de l’argent aux nouveaux mariés. C’est pour cela que le chanteur impose à 100 millions de ses concitoyens un yen par personne, ce qui est très peu. Pour rappel, il y a 127 millions de Japonais, il a sûrement décompté les enfants.
Il n’y a pas de Président au Japon. La plus haute autorité est l’Empereur, lequel ne possède qu’un pouvoir de représentation. Le plus haut poste politique est tenu par le Premier ministre, non élu directement par le peuple, mais choisi par le parti arrivé majoritaire aux élections législatives, lesquels possèdent un taux de proportionnelle contrairement à la France

Un certain érotisme implicite se dégage de la chanson. Il parle d’une 25ème heure consacrée à l’amour. Mais lequel ? Celui qu’on fait ou l’amour en tant que sentiment ?
S’il devient Premier Ministre, le drapeau national prendra les formes de sa petite amie. Il ne s’agit pas d’un motif mais bel et bien de la silhouette de la Première Dame…

Les rêveries du chanteur solitaire…

20 fév 2012 in Critiques, Traductions

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… qui en réalité n’est pas seul.

C’mon / Allez !

Tandis que je m’éloigne
Les lumières de chez moi s’estompent peu à peu dans le lointain
Mais je n’ai pas oublié ton signe
La façon dont tu t’es retournée vers moi, toi qui m’as soutenu tout ce temps

Même si nous perdons les choses qui nous sont précieuses
Tant que nous nous avons l’un l’autre, alors…

Sourions encore une fois toi et moi mon amour
Cela ne me gêne pas que tu me le dises avec une voix stridente, fais-la-moi entendre
Les occasions ne vont pas cesser de se présenter
Tu peux le prendre en douceur
Alors, allons-y ! C’mon!

Il n’est pas possible de tout faire par soi-même
Il est temps que je te le fasse savoir
A travers le vent me sont parvenus les pleurs de quelqu’un
Vais-je me boucher les oreilles comme toujours ?

Même si je prie en me mettant à genoux, cette époque révolue ne reviendra pas, alors…

Sourions encore une fois toi et moi mon amour
En déshaltérant ces coeurs assoiffés
Les instants précieux commencent maintenant
Il nous reste encore une longue route
Mais ça ira en marchant doucement
Alors, allons-y ! C’mon!

Il n’y a rien de mal à répandre des complaintes
Et si tu es trop fatiguée, alors…

Sourions encore une fois toi et moi mon amour
En déshaltérant ces coeurs assoiffés
Je prends ta main et si nos souvenirs passés
Brûlent encore aujourd’hui, alors nous ne perdrons pas
Alors, allons-y ! C’mon!

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A propos de la chanson C’mon : Apparue à l’été 2011, soit quatre mois après le 11 mars, cette chanson fut donc choisie pour être utilisée dans une publicité pour Pepsi, mais aussi et surtout comme chanson d’ouverture de l’album éponyme.

On peut dire que le 11 mars 2011 aura changé le cours de choses. Sans lui, le single Sayonara Kizudarakeno Hibiyo n’aurait pas été repoussé, le 18ème album de B’z ne serait sûrement appelé C’mon, et la chanson elle-même n’aurait sûrement pas vu le jour. Peut-être aurait-elle existé, mais sous une autre forme et surtout avec un autre titre.

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D’emblée, C’mon possède une force qui lui est propre. Je me rappelle qu’à la première écoute j’ai eu cette pensée que B’z tenait là un très grand morceau. Si l’on retrouve les ingrédients qui font la marque de B’z, C’mon possède une touche en plus. L’introduction de la chanson s’enracine dans une tradition pop-rock anglo-saxonne à laquelle se mêlent ses aspects b’ziens. Si B’z est justement caractérisé par des mélodies entraînantes et de puissants refrains, lesquels sont amenés par des montées en puissance, C’mon offre la particularité que les refrains sont eux-mêmes des montées en puissance. Dans cette chanson, la libération, le cri de rage, de délivrance, n’arrive qu’au bout d’une minute 31 : Come on!!

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Le deuxième « Come on » arrive à 2 minutes 40 et sonne lui-même comme le point de départ du solo de Matsumoto, l’un de ses solos les plus inspirés de ces dernières années. Surtout, ce n’est pas le seul, puisque C’mon se termine en toute beauté sur trois « Come on!! » d’Inaba et un deuxième solo virtuose de Matsumoto, nous rappelant une époque lointaine quand il terminait certaines chansons sur un solo (HOT FASHION ! 1990 !). Ainsi, Matsumoto démontre qu’il a repris les rênes, même s’il ne les avait jamais donnés. Mais entre-temps, il a fait un album génial avec Larry Carlton, avec lequel il a remporté un Grammy Award. On sent bien que la guitare reprend le dessus. Elle semble à nouveau donner le change à Inaba. Elle n’est pas qu’un élément technique indispensable (touche b’zienne oblige), elle raconte une histoire à son tour, se fait le passeur de sentiments que seule une guitare électrique peut transmettre. Le duo B’z fonctionne alors de nouveau à la perfection.

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Concernant les paroles, Inaba n’a pas écrit de texte tout à fait singulier qui ferait explicitement référence à la catastrophe du 11 mars. On retrouve des thèmes récurrents chez lui, comme la perte des choses matérielles, fussent-elles précieuses, l’essentiel étant de toujours garder en soi une flamme, que ce soit l’espoir ou l’amour. En réalité, c’est le style d’Inaba qui trouve une résonnance particulière dans ce contexte. Il s’éloigne de chez lui, délaisse sa maison dont les lumières s’estompent. Ces images semblent faire écho aux images de destruction suite au tsunami, mais aussi à l’idée que l’on peut se faire de quelqu’un quittant sa maison car se trouvant dans une zone de radiations. Dans ce cas-là , on part de chez soi en sachant que l’on ne reviendra pas. Mais l’essentiel, ce ne sont pas les murs ni toutes les choses que l’on délaisse derrière soi, c’est bien la ou les personnes que l’on aime et que l’on a près de soi.

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Le monde entier s’est étonné du caractère digne des Japonais face au désastre. Les commentateurs les plus lointains ont loué l’extraordinaire force de caractère d’un peuple qui encaisse les coups sans se plaindre, les observateurs plus méticuleux, connaisseurs de ce pays, sauront certainement analyser la situation de manière plus subtile. Cependant, Inaba lui-même semble confirmer cette force de caractère :

« Même si je prie en me mettant à genoux, cette époque révolue ne reviendra pas, alors.. »

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En effet, il est inutile de pleurer sur ce qui n’existe plus et ne reviendra plus. Il faut se relever et continuer à avancer. Voilà une grande caractéristique japonaise. On oublie tout et repart de zéro. Comme si le fait de vivre en sachant que l’on peut périr d’un instant à l’autre dans un tremblement de terre avait fait de ce peuple un peuple superficiel concentré uniquement sur l’instant présent. Et après tout, si tout est détruit mais que l’on est toujours vivant, c’est bien là le plus important.

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Pourtant, Inaba introduit un thème qui revient souvent dans ses textes, à savoir l’individualisme si ce n’est l’égoïsme :

 » Il n’est pas possible de tout faire par soi-même
Il est temps que je te le fasse savoir
A travers le vent me sont parvenus les pleurs de quelqu’un
Vais-je me boucher les oreilles comme toujours ? »

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Effectivement, dans cette situation, quand tout est détruit et que tout est désespéré, on ne peut plus compter seulement sur soi-même si l’on veut s’en sortir. L’individualiste, s’il veut survivre, doit savoir accepter la main qu’on lui tend. Quand à l’égoïste, il doit aussi apprendre à tendre la main. Inaba, en tant que narrateur, se pose souvent en personne égoïste. Et c’est encore le cas ici. J’entends quelqu’un pleurer, vais-je aller voir ce qui se passe ? Vais-je aider cette personne ? Ou vais, comme à mon habitude, me contenter de fermer les yeux et passer mon chemin ?

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Enfin, Inaba est bien conscient que les Japonais vivent à l’instant présent sans trop se soucier du passé. Ce n’est pas pour rien que la chanson se termine sur les souvenirs du passé. S’ils brûlent encore, dit-il, si l’on fait l’effort de se les remémorer, alors on pourra avancer. Car si l’on peut repartir de zéro, on ne peut pas effacer d’un trait d’où l’on vient et ce que l’on a vécu. Tout est détruit, certes, mais il nous reste notre mémoire, et avec un peu de chance l’amour et l’espoir.

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A propos du clip : Nous l’avons dit récemment, le clip de Sayonara Kizudarakeno Hibiyo était un petit chef-d’oeuvre. Nous n’avons pas parlé du clip de Don’t Wanna Lie dont l’intérêt essentiel est sa grande réussite formelle. En effet, si Don’t Wanna Lie contient peut-être un message, ce n’est pas le cas du clip. Pour autant, la réalisation et le montage de ce dernier étaient suffisamment réussis pour le rendre excellent.

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Qu’en est-il de C’mon ? Ici, il semble bien y avoir quelque chose à saisir, même si ce n’est pas évident. Inaba est seul dans la nature, marchant d’un pas tranquille, alternant le chant et la contemplation de l’espace qui l’entoure. Il n’y aurait qu’un pas pour faire une comparaison avec les romantiques du 19ème siècle. Pendant ce temps, Matsumoto joue enfermé dans une sorte de cube blanc, tout comme le batteur Shane Gaalaas et le bassiste Barry Sparks.

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D’ailleurs, on se rend vite compte que des plaques blanches tentent d’enfermer Inaba à son tour, mais en vain. Les trois musiciens ne restent pas non plus enfermés longtemps. A croire que les cubes ne peuvent résister à la force de la musique. Durant le clip, des lignes droites et composées d’angles droits s’échappent des instruments et partent à la recherche d’Inaba qui semble tenir un rôle d’éclaireur. Ces lignes sont accompagnées de chiffres qui défilent à vive allure. Tout cela demeure bien énigmatique.

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Quoi qu’il en soit, les trois musiciens parviennent sans peine à sortir de leurs « prisons » désormais décomposées et rejoignent Inaba dans une clairière. A cet instant, ils forment un quatuor. Il est intéressant d’observer qu’à 3 minutes 10, c’est Shane Gaalaas qui relance la chanson d’un coup sur sa batterie. Dans le clip, cela se traduit par une réapparition des lignes qui désormais vont par quatre et de façon courbe. Les chiffres ont disparu. Les quatre hommes se sont retrouvés, la puissance de la musique peut désormais librement s’exprimer. Moralité : l’union fait la force.

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Et tout comme dans le clip de Don’t Wanna Lie, Gaalaas et Sparks se voient jouer un rôle assez important, même s’ils restent évidemmment en retrait. Dans C’mon, ils sont de réels acteurs à part entière, montrant bien l’importance que le Canadien et l’Américain occupent aujourd’hui chez B’z.

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En conclusion, nous ne considérons pas C’mon seulement comme un excellent titre de B’z, nous le plaçons aux côtés des grands classiques. Selon nous, en plus du contexte tout à fait particulier dans lequel ce morceau a été écrit, C’mon a le potentiel pour devenir une chanson incontournable, à la manière de BAD COMMUNICATION, ultra soul, Hadashi no Megami et tant d’autres. L’avenir nous le dira.

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"Adieu jours pleins de blessures", de B'z

22 jan 2012 in Critiques, Traductions

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Nous allons tout d’abord nous réjouir d’apprendre que les French J-music Awards auront bien lieu cette année, après pourtant la décision de Shito, leur créateur, d’abandonner ce projet. Nous saluerons au passage notre amie Angela qui fait partie de l’équipe ayant repris ce sondage. Puis nous allons immédiatement déplorer l’absence cruelle d’un des albums japonais de l’année parmi les nominés : C’mon de B’z ! Impensable pour nous, évidemment.

Pour autant, on reconnaîtra la bonne idée des organisateurs de limiter le nombre de nominations à 10 ou 12 par catégorie, rendant le sondage plus lisible. On comprendra que dans ces nouvelles conditions, le choix des nominations était difficile. Cependant, si en 2008 on avait seulement regretté l’absence de l’album ACTION, en 2012 on considérera l’absence de C’mon comme une faute. Mais allez, personne n’est parfait. Voyez, C’mon est sorti fin juillet 2011, et B’z no bise n’en a toujours pas présenté de critique début 2012 ! Enfin, nous allons nous réjouir de la nomination du single de l’année, Sayonara Kizudarakeno Hibiyo.

Foncez donc et votez pour le plus grand groupe du Japon qui s’apprête cette année à sortir de ses frontières. Vous avez jusqu’au 2 février !

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Sayonara Kizudarakeno Hibiyo / Adieu jours pleins de blessures

J’en ai eu assez de cette situation
Dans laquelle je me trouvais
Ta silhouette est partie, loin, bien loin
Au final j’ai acheté tant de choses non nécessaires
Ma chambre en est pleine à craquer
Quelqu’un pour la nettoyer s’il vous plaît

Adieu jours pleins de blessures
Je vise un monde nouveau
Je ne serai plus ici quand demain viendra
L’adieu est une chose nouvelle et douloureuse
Vole et glisse avec le vent invisible

J’ai réalisé que
Le seul à me blesser,
C’était moi
Oui chérie, c’est vrai, tellement triste

Le miroir est rempli de moi-même
En le regardant j’arrête de chanter des chansons de haine
Et je sors

Adieu jours pleins de blessures
Je vise un monde nouveau
Même si mon premier pas devait être tremblant
Couvert de poussière, il va me falloir connaître l’amour en ressentant le toucher d’autrui
Vole et glisse avec le vent qui te coupe les joues

Adieu jours pleins de blessures
Je vise un monde nouveau
Je ne serai plus ici quand demain viendra

Merci jours pleins de regrets
Je peux le dire maintenant
Les gens ne changent pas si facilement
Mais un jour ils connaîtront l’endroit où ils peuvent retourner
Vole et glisse avec le vent invisible

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A propos de Sayonara Kizudarakeno Hibiyo : On avait quitté B’z en 2009 sur l’énormissime chanson de fin de l’album MAGIC : Freedom Train, dont voici le dernier couplet :

Le bonheur ne vient pas de n’importe où
Nous sommes dans le Train de la Liberté, Il se trouve en toi
Les choses posées sur les rails et que toi seul a choisies
Tu es dans le Train de la Liberté, C’est cela la liberté

Il est évident que ces deux chansons demeurent dans le même état d’esprit. Nous avions analysé MAGIC comme un faux-semblant, comme la promesse d’un monde merveilleux permettant d’échapper à un monde en crise, mais ce monde magique était vain, et la chanson finale offrait une porte de sortie de ce monde illusoire. On s’embarquait alors sur le Train de la Liberté et on repartait affronter la dure réalité. « Adieu jours pleins de blessures » s’inscrit donc dans une continuité thématique : partir afin de découvrir un ailleurs ou un nouveau soi-même, pour mieux revenir. Et au fond, à quoi dit-on adieu ? Au matérialisme d’une chambre pleine à craquer de choses futiles, et à un miroir reflétant un égo et un individualisme exacerbé. Quand on associe cette chanson aux terribles images de la catastrophe du 11 mars 2012, on saisit mieux le sens prémonitoire de ces paroles. Et en effet, ces paroles prennent un écho tout à fait singulier :

Adieu jours pleins de blessures
Je vise un monde nouveau
Je ne serai plus ici quand demain viendra

Musicalement, si Freedom Train s’imposait comme un titre hard-rock puissant, Sayonara Kizudarakeno Hibiyo n’est pas en reste. Ce single nous aura surpris par son riff agressif (et quelque peu emprunté à Humans Being d’Eddie Van Halen, ami de Matsumoto au passage). Voilà un titre b’zien sans concession comme on les aime. Surtout, « Sayonara… » marque vraiment le retour des grands solos de Matsumoto. Sa guitare semble reprendre ses droits, ce qui se confirmera par la suite sur Don’t Wanna Lie et C’mon, là où le guitariste semblait s’être effacé sur les singles précédents, n’offrant plus que des solos guitarre trop courts. Ainsi, même si l’on garde un bon souvenir des singles de 2009 tels qu’Ichibu to Zenbu, DIVE et MY LONELY TOWN, on peut affirmer sans crainte que « Sayonara… » leur est largement supérieur.

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Un petit chef-d’oeuvre de clip, ou une parabole de fin du monde, à laquelle on peut résister.

B’z tient avec le clip de son 48ème single un petit chef-d’oeuvre de réalisation faisant oublier les précédents. B’z se plaît depuis MY LONELY TOWN à fréquenter les lieux déserts, Inaba aussi dans le clip de Hadou. Ici, c’est plus que ça. On est témoin d’une sorte de fin du monde nous rappelant furieusement Dragon Ball et le chapitre culte du combat opposant Gokû à Freezer sur la planète Namek en train d’exploser.

Ici, B’z n’affronte pas Freezer mais la manière de jouer de Matsumoto et de chanter d’Inaba évoque un combat. Un combat contre les éléments déchaînés. là encore, le clip a quelque chose de prémonitoire par rapport au 11 mars. Cependant, les deux héros de B’z semblent totalement imperturbables, indestructibles.

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Dawn Runner / Le coureur de l’aube

Je me réveille vers trois heures, frotte mes yeux ensommeillés et lave mon visage
Si mes baskets sont bien attachées, elles me permettront de garder ma vitesse

J’écrase des tas mouillés de feuilles mortes

Je veux me baigner dans le soleil matinal
Et me sentir comme si des parties brûlantes de ma vie étaient en train de fondre
Même si ce n’était que l’illusion de l’autosatisfaction
Je veux me sentir comme si je renaissais

Dans une vie quelque peu nouvelle

Si je prends la voie de la solitude, les autres ne signifieront plus rien pour moi
Rien ne reviendra, ma passion court dans une seule direction

Même si je suis trahi, je m’en moque

Je veux me baigner dans les applaudissements et je veux la gloire
Bien que j’aie de mauvaises intentions
Il est vain de se soucier de ma propre valeur
Car lorsque je cours mes illusions se font secouer

Par une vie quelque peu simple

Je veux me baigner dans le soleil matinal
Et me sentir comme si des parties brûlantes de ma vie étaient en train de fondre
Je n’arrête personne, je n’incite personne
Je dois m’arrêter, ça va pour moi
Alors que des rythmes non troublés me traversent
Je vais voir des choses non vues jusque-là

Dans une vie quelque peu nouvelle
Dans une vie subitement qui déferle

Je veux me baigner dans le soleil matinal

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A propos de Dawn Runner : On a appris que le titre intial était The Runner et surtout que c’était une chanson destinée à l’origine à l’album ACTION. Finalement laissé de côté, ce titre est donc réapparu en face B, le groupe considérant qu’il complétait bien Sayonara Kizudarakeno Hibibyo. Et effectivement, les deux morceaux s’emboîtent à merveille, conférant au disque une atmosphère toute particulière, tout à la fois sombre et emplie de puissance. On peut aujourd’hui se demander pour quelle raison The Runner a été délaissé en 2007, tant ce titre est excellent. ACTION comportait 17 chansons, et on n’aurait aucun mal à remplacer FRICTION -LAP 2- par Dawn Runner. Mais ainsi en va la vie des albums. Leurs concepteurs doivent prendre des décisions qui peuvent paraître étonnantes aux amateurs. Dans le même genre, mais en plus célèbre, on peut penser à la géniale Blind Willie McTell de Bob Dylan, enregistrée en 1983 pour l’album Infidels, écartée par son auteur et redécouverte près de dix ans plus tard sur un album Bootlegs. Cela donne à espérer que B’z possède d’autres petits joyaux en réserve, et qui sait, un jour à la manière du grand Bob, le grand B’z sortira aussi ses bootlegs des cartons, pour notre plus grand plaisir.

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Si Dawn Runner est un régal musical, on se demande si les paroles ne sont pas à l’origine du retrait de l’album ACTION. Même si on se rappelle que le titre Kuroi Seishun, sur le même album, était particulièrement sombre, on doit reconnaître que ce Dawn Runner n’est pour le coup pas une chanson d’espoir comme B’z en a fait souvent. Il est toujours étonnant de voir B’z, groupe pop et rock qui a su conquérir les sommets des ventes de disques, proposer des titres aux textes si peu évidents. Comme souvent, Inaba parvient à nous raconter une histoire avec une situation de départ toujours intelligemment décrite. Quand on réécoute la chanson, on se prend à imaginer ce personnage taciturne se lever vers 3h du matin… et ressasser ses pensées tout au long de sa course…

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Sayonara Kizudarakeno Hibiyo était donc en 2011 le grand single b’zien que l’on attendait, n’enlevant rien aux qualités des singles précédents, mais possédant cette touche, ce fond d’âme supplémentaire qui fait la marque des grands singles. Single historique par son aspect prémonitoire, ce disque restera comme l’une des grandes étapes d’une année 2011 exceptionnelle pour le plus grand groupe du Japon. Quelque temps plus tard devait sortir le 49ème single de B’z : Don’t Wanna Lie, titre quelque peu inattendu, et tout aussi mémorable mais pour d’autres raisons. Ces deux titres devaient être suivis par la fabuleuse chanson titre de l’album C’mon.

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Evidemment, pour tout cela, nous pensons que Sayonara Kizudarakeno Hibiyo devrait arriver en tête des singles de groupes masculins des French J-music Awards. Cela ne sera sûrement pas le cas, mais allons savoir.

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Et restez connectés ! L’année 2012 ne fait que commencer, et si nos pressentiments s’avèrent justes…

De bien jolies larmes

05 nov 2009 in Critiques, Traductions

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Alors que nous en étions restés à la « trilogie » Ichibu to Zenbu / DIVE et National Holiday, Tak Matsumoto et Koshi Inaba nous proposent donc un nouveau chapitre dans la longue histoire de leurs singles : MY LONELY TOWN. Voyons cela de plus près.

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Plongeons dans les traductions !

19 août 2009 in Traductions

Pour son 46ème single, B’z est revenu fort, et même si le disque se vend bien surtout grâce à son lien avec la série Buzzer Beat dont Ichibu to Zenbu est le générique, on peut affirmer que le single en soi est un très bon single, avec trois bonnes chansons complémentaires. Ce n’est pas toujours le cas, les faces B étant parfois des morceaux tout à fait mineurs dans la carrière du groupe ou se révélant parfois être des petites perles (on se rappelle FEVER, face B de Ai no Bakudan en 2005).

Voyons donc ce que nous réserve ce dynamique single d’août 2009 du côté textuel…

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