Archives pour mar 2015

 

B’z à la télévision française

13 mar 2015 in Nouvelles

Extrait de l’émission Culte! du 18 septembre 2014 diffusée sur France 5.

http://www.france5.fr/emission/culte/diffusion-du-03-10-2014-23h55

On appréciera toujours la belle présentation du « plus célèbre groupe de rock japonais ». Pour une fois, on a pu échapper aux éternels X-Japan et autre L’Arc-en-Ciel. Bravo donc aux concepteurs de cette émission qui se sont vraiment renseignés et sont même allés dégoter le DVD de la tournée ENDLESS SUMMER de 2013.

Bon, on mégotera en disant qu’ils auraient pu choisir une autre chanson que « Aï no Bakudan », quand on voit la liste des titres joués ce soir-là, à commencer par l’énorme Endless Summer :

Mais on chipote !

En attendant de revoir B’z à la télévision française, et espérons-le, cette fois dans une émission entièrement consacrée au plus grand groupe du Japon.

B’z, Southern All Stars, Kazuyoshi Saitô et le 11 mars

11 mar 2015 in réflexion

Quatre ans.

Il y a quatre ans, jour pour jour, nous faisions part de notre émotion suite à l’un des plus grands tremblements de terre de l’histoire du Japon, mais aussi de nos craintes concernant un éventuel accident nucléaire :

http://www.bznobise.eu/2011/03/11/solidarite-avec-nos-amis-au-japon-2/

Quatre ans plus tard, rien ne va.

Politiquement : deux partis principaux rythment la vie du pays depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, le Jiminto au pouvoir de façon quasi ininterrompue et le Minshuto le principal parti d’opposition.
Les centrale nucléaires ont toutes été installées lorsque le Jiminto était au pouvoir. En 2009, les élections législatives offrent une petite révolution puisque le Jiminto est laminé, permettant au Minshuto d’arriver largement en tête.
C’est alors que survient la catastrophe du 11 mars 2011. Les Japonais reprocheront alors au Minshuto et au premier ministre d’alors, Naoto Kan, sa mauvaise gestion de la crise de Fukushima. Et ils remettront immédiatement au pouvoir le Jiminto emmené par Shinzo Abe en 2012 !

L’un des premiers objectifs d’Abe sera de relancer les centrales nucléaires alors que le gouvernement Minshuto les a toutes mises en veille.

Ensuite, Shinzo Abe, déjà premier ministre une fois entre 2006 et 2007, réussit à obtenir les Jeux Olympiques pour Tokyo en 2020 en déclarant que la situation à la centrale de Fukushima « is under control ». Et là, on a envie de hurler la chanson de B’z « Out of control », parce qu’en réalité rien n’est sous contrôle.

Rien n’est sous contrôle ? En fait si, les médias et la liberté d’expression. En décembre 2014, une loi sur les secrets d’Etat entre en vigueur, stipulant que tout ce qui sera considéré comme relevant du secret d’Etat ne pourra plus être discuté publiquement. Et tout ça sans définir ce qui relève du secret d’Etat ! Dès lors, n’importe quoi peut devenir un sujet interdit !

L’objectif est double : ne plus parler de la catastrophe nucléaire, afin de relancer les centrales et d’en construire de nouvelles. Et surtout, permettre la réalisation du grand projet de Shinzo Abe : la réécriture de la Constitution de 1945, cette fameuse constitution pacifique écrite par les Etats-Unis.
Car Shinzo Abe veut « normaliser » le Japon, et selon lui, un pays « normal » doit posséder une armée, ce qui est en réalité déjà le cas du Japon, mais pas seulement pour se défendre, ce qui est le cas du Japon, mais pour pouvoir intervenir dans le reste du monde (et donc forcément et potentiellement faire la guerre…).

Bref, il n’y a aucun rapport avec B’z, me direz-vous, si ce n’est que B’z est le plus grand groupe du Japon. A ce titre, les deux quincagénaires qui le composent pourraient très bien s’exprimer sur le sujet. Mais il n’en sera rien, comme l’écrasante majorité des artistes du monde de la musique japonaise.

Et ce pourquoi nous écrivons ces lignes, c’est bien parce que B’z a décidé de lancer sa nouvelle tournée EPIC NIGHT le 11 mars 2015, soit quatre ans jour pour jour après la triple catastrophe, et que nous sommes à peu près persuadés qu’aucune référence à ce jour tragique ne sera faite. Par référence, je n’entends pas seulement les très consensuels « Come on », « We’ll be alright » et autres « Courage (fuyons) ! », mais bien une prise de position sur le sujet.

Remarquez, le concert de ce soir nous donnera peut-être tort.

Parmi les artistes japonais de renom qui ont pris position, il y en a quand même deux qui se sont fait remarquer dans le monde de la musique, et c’est tout à leur honneur.

Il s’agit de Kuwata du célèbre groupe Southern All Stars (que nous avions présenté à l’été 2008). Culotté, le trublion sexagénaire n’a pas hésité à critiquer la politique d’Abe directement sur scène et à porter une moustache à la Hitler alors qu’il chantait en direct à la télévision lors de la soirée du Kohaku le 31 décembre dernier !

Ce qui est fou, c’est qu’il aura suffi qu’une bande d’énvervés nationalistes manifeste devant la maison de disques de Southern All Stars pour que le groupe présente des excuses ! Mais des excuses pour quoi ? Qui sont ces gens qui s’arrogent le pouvoir de réclamer des excuses au nom du premier ministre ? A peu près les mêmes que ceux qui viennent dézinguer des dessinateurs simplement parce qu’ils font des dessins qui ne leur plaisent pas.

Autre chanteur courageux, Kazuyoshi Saito, qui rapidement après la catastrophe avait publié sur internet cette chanson « Zutto Uso datta » (Ce n’était que des mensonges) :

C’est sûr que ça a plus de gueule que la gentillette C’mon ! Et pourtant nous adorons C’mon !

Alors évidemment, en solo Inaba a sorti son petit chef-d’oeuvre NENSHO en 2014 dont le clip montre une société japonaise en pleine implosion, pour ne pas dire en pleine guerre civile. Mais tout cela demeure de l’interprétation. Si Inaba voulait délivrer un message (en plus de son autre chanson STAY FREE), alors ce message n’est pas vraiment clair.

Nous finirons par une pensée à l’acteur Tarô Yamamoto que vous aurez peut-être déjà vu dans des films japonais, notamment dans Battle Royale, et qui s’est engagné en politique pour dénoncer le nucléaire. Yamamoto a perdu tous ses contrats et n’a plus joué dans aucun film depuis plusieurs années. Il a fait parler de lui lorsqu’il s’est adressé directement à l’Empereur pour lui faire part des réalités qui touchent le pays. Scandale national. Depuis, les députés du Jiminto n’hésitent pas à dire de lui qu’il est un « terroriste ».

Alice au pays de B’z

03 mar 2015 in Nouvelles

Le 4 mars sera un jour épique ou ne sera pas !

B’z a donc dévoilé quatre clips liés à son 19ème album EPIC DAY. Et on va encore nous dire que nous sommes des fans aveuglés, mais tant pis, car oui, oui et encore oui, on adore. Enfin presque !

Même si le groupe sait nous frustrer à vouloir nous proposer uniquement des versions courtes, du fait d’une frilosité toute japonaise à l’idée de dévoiler l’intégralité des contenus sur internet. Pourtant, depuis l’an dernier, tous les clips d’Inaba sont disponibles officiellement dans leur intégralité.

Pour commencer, le clip du single Uchôten nous transporte dans un Tôkyô futuriste où l’on suit une Alice au pays… des merveilles technologiques ?

Nous n’avons pas encore eu l’occasion de dire à quel point ce nouveau single nous a plu. Et il faudrait aussi revenir sur sa géniale face B, Endless Summer.

En attendant, B’z a proposé le clip de Las Vegas, l’un des nouveaux titres d’EPIC DAY. Très dynamique avec de beaux graphismes, l’esthétique de ce clip n’est pas sans nous rappeler celle de GO FOR IT, BABY de 2012.

Il est surtout intéressant de constater que B’z nous promène encore et toujours dans son univers parfaitement hybride entre le Japon et les Etats-Unis, sa source d’inspiration.

Puis vient Classmate, autre titre d’EPIC DAY, se révèlant en tant que ballade. Alors que nous avons déjà exprimé des craintes sur l’autre ballade Exit To The Sun, Classmate a des chances d’être la ballade tant attendue, celle qui nous fera de nouveau vibrer comme B’z a su si souvent le faire durant ses 15 premières années de carrière.

Quoi qu’il en soit, on apprécie les choix effectués sur le clip qui démarre par un somptueux solo de Matsumoto puis qui laisse la part belle à Inaba, le tout dans un sobre noir et blanc. Le solo de guitarre évoque la carrière personnelle de Matsumoto tandis que le clip lui-même, pour ne pas dire peut-être la chanson elle-même, évoque la carrière d’Inaba. On croirait presque reconnaître des airs de Nakinagara, ballade solo du chanteur sortie en 2014 sur son album Singing Bird.

Et là, stupeur, le dernier clip nous révèle une troisième ballade ! Kimi wo Kini shinaï Hi nado (Le jour où je ne te prête pas attention…)

On peut exprimer à nouveau des réserves vis-à-vis de l’utilisation des violons mais on apprécie tout de même la ligne de chant d’Inaba qui semble assez recherchée. Attendons donc la version entière et définitive pour nous prononcer.