Sans titre.

Mercredi, 14 jan 2015 @ 14:49 | Nouvelles, réflexion

Lecteur de Charlie Hebdo, les événements de mercredi 7 janvier sont une blessure pour moi. Peut-être aurait-il fallu que je le dise 5 minutes après la tuerie pour apparaître comme crédible. Pour autant, c’est bien vrai, j’apprécie ce journal satirique depuis fort longtemps et même plus, puisque j’ai hérité de piles de ses ancêtres Mensuel Charlie et Hara-Kiri datant des années 70 et dont l’humour semblait encore plus irrévérencieux qu’aujourd’hui. Et puis, des dessinateurs comme Cabu et Wolinski, qui appartiennent depuis si longtemps au monde de la bande dessinée, deux hommes de 75 et 80 ans, quel choc d’apprendre qu’ils se font tuer à bout portant alors qu’ils sont attablés, en train peut-être d’esquisser les croquis de leurs prochains dessins et peut-être simplement en train de se raconter des âneries, histoire de se marrer.

Ce mercredi 14 janvier sort le nouveau numéro de Charlie Hebdo. Ah oui, c’est aussi le jour de sortie d’Uchôten de B’z, mais cela me paraît bien secondaire. J’y reviendrai, c’est certain. Et puis, de toute façon, il faudrait être au Japon pour vraiment apprécier la sortie du 51ème single de B’z. Aujourd’hui, je suis en France, et je vais apprécier ce moment historique de la parution de ce nouveau numéro de ce journal satirique à la fois si croustillant, drôle et parfois vulgaire, parfois génial, parfois idiot, mais tellement libre. Libre et donc garant de notre démocratie, garant que les hommes au pouvoir n’ont pas le dernier mot.

Alors que depuis des années je m’interroge sur la liberté des artistes japonais confinés dans un système publicitaire et médiatique empêchant toute liberté d’expression, empêchant ces mêmes artistes de parler de sujets comme Fukushima (on pense à l’acteur Tarô Yamamoto qui depuis qu’il a pris position contre le nucléaire a perdu tous ses contrats et n’a plus tourné dans un aucun film), je vais apprécier une fois de plus la lecture d’un des rares journaux au monde à ne proposer aucune publicité, dans un monde précisément où la plupart des magazines ne sont plus que des étendards publicitaires.

Je vais apprécier un journal qui va continuer de se moquer des puissants, quels qu’ils soient. Qu’ils soient des puissants politiques, économiques ou religieux, ce journal va les passer à la moulinette en réaffirmant qu’on défend l’Humanité quand est capable de rire de toute forme de pouvoir, et notamment en se moquant de ceux qui veulent imposer par la force et la violence leur vision du monde. Car dès lors qu’une forme de pouvoir interdit de rire, c’est bien le fascisme qui s’installe.

 

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