Archives pour juin 2013

 

L’utopie est le noeud du problème dont les questions demeurent sans réponses

12 juin 2013 in Critiques, Nouvelles

HEAT, Kakushin (le noeud du problème), Q&A et Utopia sont donc les titres des quatres chansons inédites bonus venant s’ajouter aux 50 singles des compilations The Best XXV.

Le fait de placer en fin des deux compilations deux titres inédits est évidemment un acte commercial, pas choquant en soi, mais critiquable pour deux raisons.

Tout d’abord, le premier volume comporte tous les singles sortis entre 1988 et 1998, commençant donc par Dakara sono Te wo hanashite, et se terminant par HOME. Ces deux titres bien connus des fans représentent justement l’évolution musicale de B’z sur cette période de dix ans, allant d’une recherche d’identité, d’une musique au synthétiseur, à un rock affirmé et une forte identité.

Comment peut-on alors passer de HOME de 1998 à HEAT de 2013 (ou plutôt de 2012 en considérant la sortie du single de Kim Hyung-joon) ?

Autant on peut trouver logique de retrouver des inédites de 2012/2013 à la fin du volume 1999-2013, autant ici c’est inapproprié.

La deuxième raison, et pas des moindres, tient au fait du titre HEAT lui-même. Car il faut être totalement honnête, HEAT est la première mauvaise chanson de B’z en 25 ans. On nourrissait un léger espoir après avoir appris que B’z possédait sa propre version de cette chanson écrite pour la starlette coréenne Kim Hyung-joon. On se disait que la version de Matsumoto et Inaba ne pouvait pas être aussi mauvaise, que forcément Inaba lui-même allait relever le niveau zéro du chant du Coréen, et que Matsumoto allait retoucher son instrumentation, voire la mélodie elle-même.

Hélas, après avoir pu écouter la version entière, force est de constater, sauf erreur, que HEAT version B’z ne comporte aucune différence avec HEAT version Kim, la voix d’Inaba mise à part. Ce sera notre seul lot de consolation. Ce qui fait finalement que B’z n’est pas un groupe japonais comme les autres, son chanteur, vient tout juste sauver l’honneur. Mais ce qui fait aussi que B’z n’est pas un groupe japonais comme les autres, sa mélodie entraînante, son instrumentation et sa ligne originale, tout cela semble absent de HEAT, ou du moins beaucoup plus faible qu’habituellement. On croit un instant percevoir un lien de parenté avec ultra soul. Mais on se sent bien triste à la fin. Alors que B’z s’est toujours démarqué de la pop japonaise commerciale basique en créant ses propres standards, il semblerait que B’z se soit essayé pour une fois à la pop commerciale japonaise…

Bien sûr, écoutez HEAT trois, quatre fois, et la chanson vous restera dans la tête, mais le plaisir et l’énergie ressentie habituellement seront absents.

Heureusement, les trois autres chansons inédites viennent sauver la baraque !

Dans des styles différents, Kakushin, Q&A et Utopia renouent avec ce qui fait B’z. Kakushin, sorte de ballade dynamique, propose une variation guitaristique du titre MAGIC.

De son côté, Q&A semble se présenter comme le 51ème single officieux, dans la lignée des singles rock rapides de ces dernières années, simples mais efficaces (GO FOR IT, BABY; Sayonara kizudarake no Hibiyo, DIVE, BURN etc…). En plus de servir de nouveau générique de début à la série Détective Conan, Q&A bénéficie paradoxalement d’un clip original dans l’univers b’zien. Mettant en scène un samouraï, le clip offre un cliché de la culture japonaise, il devrait plaire à un public étranger (mais comme B’z ne s’adresse à aucun public étranger…).

C’est enfin le titre Utopia qui apporte un vrai vent de fraîcheur, tant dans la rythmique plus posée et plus approfondie, que dans son clip tout à fait inhabituel. En effet, le clip démarre sur un plan-séquence d’une minute et 6 secondes, ce qui est conséquent dans ce genre de vidéo. Plus encore que Q&A, Utopia raconte une histoire en montrant Inaba effectuer des gestes simples et banals dans un lieu réduit et fermé, aux côtés de Matsumoto posé tranquillement à la guitare. Bref, un régal !

En attendant le clip de HEAT, mais là on n’est déjà plus sûr de vouloir encore l’attendre…

 

La fin d’une ère le 12 juin ?

11 juin 2013 in Nouvelles

Ce 12 juin sortent donc les deux compilations B’z The Best XXV 1988-1998 et B’z The Best XXV 1999-2012.

Il s’agit donc bien de deux albums distincts sortant le même jour. Et on est bien obligé de penser que l’un des deux va ravir la première place du top Oricon et que l’autre ravira la deuxième. A moins que les deux albums se vendent exactement au même nombre d’exemplaires près, ce qui nous ferait un double numéro 1, ce qui serait tout de même hautement improbable.

Alors, cela veut dire que pour la première fois depuis 1990 un album de B’z ne va pas être premier du top Oricon. Et ça, c’est tout de même un événement. Bien sûr, c’est B’z qui va soi-même se voler la première place.

Cependant, la réalité technique est un peu différente de la légende, car il existe bien deux disques qui n’ont pas atteint la première place du top Oricon après 1990, du moins pas en première semaine (le résultat du jour de leur sortie restant à retrouver), à savoir les deux albums karaoké B’z TV Style de 1992 et B’z TV Style II de 1995, tous deux SONGLESS VERSION.

Le premier se plaça 2ème en première semaine, et le second en décembre 1995 n’atteignit même que la 17ème place, toujours en première semaine. Evidemment, sans rien enlever au talent de Matsumoto, on sait que les Japonais et surtout les Japonaises sont fans d’Inaba. Enlevez sa voix, même à des singles vendus à des millions d’exemplaires, et les Japonais d’alors ne voyaient plus autant d’intérêt à de tels disques.

Alors, laquelle des deux nouvelles compilations devrait se vendre le plus ? On peut miser sur l’épisode 1988-1998, et ce malgré les succès phénoménaux des compilations antérieures comme The Best Pleasure (1998) et The Best ULTRA Pleasure (2008) regroupant sensiblement les mêmes titres.

En effet, même si B’z est aujourd’hui une institution, un groupe toujours dans le vent et porté par une base de fans gigantesque, touchant toutes les générations et toutes les couches de la société japonaise, c’est tout de même la première décennie qui demeure dans les esprits comme la décennie la plus mémorable et la plus culte. Si l’épisode 1999-2012 comporte des titres excellents et importants, l’épisode précédent est constitué de titres majeurs et inoubliables, connus de quasiment tout Japonais.

Enfin, il nous faudra formuler une critique, rendez-vous donc à l’article suivant !