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"B'z", un grand mini-album ?

16 août 2012 in Critiques

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Voilà trois semaines que « B’z » est sorti dans 63 pays par l’intermédiaire d’iTunes. Il est temps de nous pencher sur ce premier mini-album international.

Cinq titres pour notre bonheur, ou plutôt cinq titres pour pénétrer les oreilles internationales qui n’ont jamais entendu B’z auparavant. Très clairement, le groupe a joué la carte de la prudence en proposant un album court, peut-être trop court. Ce « B’z » ressemble finalement plus à un album de démonstration qu’à un véritable mini-album. En cinq titres, le plus grand groupe du Japon veut montrer de quoi il est capable avec des titres rock entraînants et puissants. On notera tout de même l’absence notable de ballade, B’z étant un grand spécialiste en la matière. Peut-être pour une prochaine fois.

Si nous regrettons l’absence de chansons cultes et chantées en 2011 aux Etats-Unis telles que Brotherhood, Home ou encore l’absence de titres récents tels que C’mon ou GO FOR IT, BABY -kioku no sanmyaku dont nous aurions pu éventuellement apprécier des réécritures en anglais, il nous faut reconnaître que les cinq titres retenus sont tout à fait judicieux.

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Love Bomb, nouvelle version d’Aï no Bakudan (2005, sur l’album THE CIRCLE), Splash, nouvelle version de SPLASH! (2006, sur l’album MONSTER), Juice, nouvelle version de juice (2000, sur l’album ELEVEN), Ultra Soul, nouvelle version d’ultra soul (2001, sur les albums GREEN et C’mon, et enfin Into Free -Dangan-, nouvelle version de Samayoeru aoi Dangan (1998).

Love Bomb, en plus de servir à la nouvelle publicité estivale de Pepsi Nex, ouvre donc le bal de B’z International. Le suspense ne sera pas long : si l’on apprécie le remixage et la nouvelle production musicale d’un titre déjà énergique à l’origine, on reste quelque peu perplexe quant à la voix d’Inaba. Que lui est-il arrivé sur ce morceau ? On le reconnaît à peine tellement sa voix semble avoir été retravaillée. Le plus gênant étant cette impression d’écouter à certains moments un groupe punk californien acidulé pour ados incultes. Nous sommes sévères, mais qui aime bien châtie bien. Et si Love Bomb s’écoute quand même, les fans et les puristes de B’z auront sans doute quelques fois du mal, sans parler des fans d’Inaba (mais y a-t-il un seul fan de B’z qui ne soit pas fan de son chanteur ?).

On notera tout de même qu’en choisissant ce titre, « la bombe de l’amour », « la bombe d’amour », B’z veut s’imposer au niveau mondial comme un groupe positif et pacifique. De quoi regretter encore plus Brotherhood… Il nous restera encore à trouver d’où provient l’extrait de discours à 2″50, car c’est pour le coup inhabituel chez B’z et bien trouvé.

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Splash, que l’on avait eu l’occasion d’entendre l’année dernière lors de la tournée américaine, est déjà d’un autre niveau. Musicalement peu modifiée par rapport à l’originale, on se concentre donc sur Inaba dont la voix est cette fois plus reconnaissable même s’il demeure des passages un peu étranges. Surtout, le débit des paroles en anglais s’accorde très bien avec la mélodie et égale la version originale japonaise. Et on jubile à chaque fois qu’on arrive à « California Splash! ». Cette nouvelle version de SPLASH! est donc très réussie et s’écoute avec plaisir.

Mais le meilleur est encore à venir. En effet, Juice, quasiment identique musicalement à son illustre modèle, conserve donc sa puissance jouissive de chanson hard rock. Et là , la voix d’Inaba et son débit collent parfaitement à la musique. La phrase à peine sexuelle d’origine « atsui juice furishiboru »(un jus chaud coule) trouve un formidable équivalent : « I’ve got a juice to give it to you ». Voilà un titre qu’on écouterait en boucle ! On en redemande !

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On arrive alors au titre majeur de cet album, la chanson devenue incontournable lors des concerts : Ultra Soul. Il existe de nombreuses versions d’ultra soul depuis l’originale de 2001, mais si l’on excepte la version quasi expérimentale en face B du single GOLD la même année, la forme de la chanson a évolué avec les concerts et surtout grâce au public. En effet, c’est une chanson particulièrement communicative et le public s’est emparé des « ultra soul! » et autres « hey! ». Ainsi, cet dernière version anglaise d’ultra soul est elle-même proche d’ultra soul 2011 sortie sur l’album C’mon, elle-même proche d’Ultra Soul, version alternative sortie sur le fameux B’z EP en 2007 sur iTunes (et dont on a parlé récemment), elle-même inspirée des versions jouées en concert dans les années 2000.

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Si on peut considérer ultra soul comme l’un des chefs-d’oeuvre de B’z, ce ne sera pas le cas de cette nouvelle version, car justement, et au contraire de Juice, c’est l’anglais qui pêche. là où le japonais frappait de toutes ses syllabes dans l’originale, l’anglais est ici à la peine. Inaba ne semble pas avoir réellement trouvé les bons mots, le bon rythme. On apprécie de retrouver le fameux YU :

Yume janai are mo kore mo (originale)

You got the key to unlock the door

Mais justement ! La version japonaise originale était percutante avec 11 syllabes (un quasi alexandrin…) tandis que la phrase anglaise avec ses 9 syllabes a du mal à passer. Inaba doit laisser traîner certaines syllabes quand les syllabes japonaises s’enchaînent et créent une osmose avec la mélodie. D’ailleurs, on ne s’y trompe pas, ils ont bien gardé le fameux U.RU.TO.RA SOUL où le mot ultra est épelé à la japonaise, preuve qu’une version anglaise de ce gigantesque titre était superflue.

Et c’est bien ce qu’on se dit : d’accord pour un mini-album de démonstration 5 titres, mais pourquoi ne pas avoir gardé un ou deux titres en japonais ? Ultra Soul y aurait gagné en conservant sa force initiale.

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Quoi qu’il en soit, ce mini-album B’z contient tout de même un petit chef-d’oeuvre maison. Il s’agit de la chanson finale, héritière d’un titre pas moins culte qu’ultra soul : Into Free -Dangan. En réalité, cette chanson finale est l’héritière de deux chansons : Samayoeru aoi Dangan (1998) et de sa version alternative Dangan (2007) que l’on a pu trouver à une époque sur le B’z EP d’iTunes. Sachant que ce premier EP a disparu du catalogue iTunes, pourquoi avoir voulu conserver le nom Dangan ? En référence à la chanson de 1998 ou à cette version aujourd’hui officiellement introuvable ? Car en soi-même, le titre Into Free n’a rien de commun avec Samayoeru aoi Dangan (la balle bleue vagabonde).

Et c’est là la force d’Into Free, B’z a su l’émanciper de la « chanson-mère », B’z a su produire une nouvelle chanson originale. Ici, l’anglais semble naturel, rejoignant Juice dans ce domaine. Mais tout a été repensé dans le moindre détail, même si Into Free conserve évidemment la ligne initiale de son aînée. Une nouvelle introduction lancinante quand l’originale était énergique avec une rythmique asiatique. Une fin beaucoup plus longue aussi, à l’image de l’introduction, conférant à la chanson un caractère romantique. Sur le plan linguistique, aucun problème de rythme n’est à déplorer et pour donner un exemple de réécriture, on peut prendre la phrase de fin :

Motto, motto, motto hayaku (originale)

Flying, flying, flying into free

Les « motto hayaku » et « flying into free » possèdent exactement le même nombre de syllabe (sans avoir le même sens). Tout coule de source et on a dans chaque version un sentiment de plénitude.

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Le débat est ouvert chez les fans et les nouveaux venus de l’univers de B’z pour déterminer laquelle des deux est la meilleure. Si les fans plus anciens préféreront certainement l’originale, ils devront reconnaître qu’Into Free est une vraie réussite. Cette réussite est sûrement due au jeu Dragon’s Dogma dont Into Free est le thème principal. Le jeu était très attendu depuis longtemps, Capcom ne pouvait se permettre de proposer un titre à moitié réussi, il fallait quelque chose de fort et de beau. De son côté, B’z savait que cette chanson serait une première pour des milliers de joueurs. Le groupe ne pouvait donc se permettre de passer à côté. Le coup est parfait, et l’on s’amuse des commentaires de joueurs disant qu’ils ont du mal à quitter le menu tant que la chanson n’est pas terminée.

Into Free suffira-t-elle à faire connaître B’z à elle-seule ? Ce n’est franchement pas sûr. En tout cas, elle clôt magnifiquement ce mini-album « B’z ».

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Pour finir, Matsumoto et Inaba se sont lancés prudemment, en essayant de plaire à un public occidental théorique. Un public suffisamment curieux pour écouter un groupe japonais mais pas encore assez ouvert pour l’écouter justement en japonais. Nous pensons que c’est une erreur, que B’z aurait dû conserver sa langue, évitant par là même d’affaiblir un titre comme Ultra Soul. Que B’z chante de temps à autre en anglais n’est pas gênant, que l’anglais soit l’unique langue de la carrière internationale du groupe, nous disons non.

Ce mini-album est donc un bon album mais n’est pas encore du niveau du grand B’z. Espérons que le groupe soit motivé à continuer l’aventure et qu’il comprenne qu’il n’a pas besoin de se dénaturer pour nous plaire.

La question du serveur iTunes, unique vendeur officiel, est aussi posée. Les albums solo de Matsumoto, notamment les deux derniers, Take your pick et Strings Of My Soul, se trouvent autant sur iTunes que sur amazon en téléchargement, sans compter qu’ils existent en version physique classique. Pourquoi limiter B’z à iTunes uniquement ?

Quand Slash fait de la pub pour B'z !

08 août 2012 in Nouvelles

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C’est un petit tweet pour Slash, un grand pas pour B’z. Sérieusement, on ne s’y serait pas attendu. Slash, l’immense guitariste américain et partenaire de Koshi Inaba en 2009 sur le titre SAHARA, a lancé ce petit tweet de rien du tout mais qui nous fait tant plaisir.

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D’autant plus qu’il trouve le moyen de nous donner le lien d’un nouveau site officiel en anglais absolument formidable :

http://bz-vermillion.com/intofree/index.html

Au fait, avez-vous écouté ce mini-album international ? Qu’en pensez-vous ?

On en parle bien sûr ici très bientôt, sans oublier Strings Of My Soul de Matsumoto sorti internationalement ce 7 août !