“Adieu jours pleins de blessures”, de B’z

22 jan 2012 par Odon Vallon in Critiques, Traductions

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Nous allons tout d’abord nous réjouir d’apprendre que les French J-music Awards auront bien lieu cette année, après pourtant la décision de Shito, leur créateur, d’abandonner ce projet. Nous saluerons au passage notre amie Angela qui fait partie de l’équipe ayant repris ce sondage. Puis nous allons immédiatement déplorer l’absence cruelle d’un des albums japonais de l’année parmi les nominés : C’mon de B’z ! Impensable pour nous, évidemment.

Pour autant, on reconnaîtra la bonne idée des organisateurs de limiter le nombre de nominations à 10 ou 12 par catégorie, rendant le sondage plus lisible. On comprendra que dans ces nouvelles conditions, le choix des nominations était difficile. Cependant, si en 2008 on avait seulement regretté l’absence de l’album ACTION, en 2012 on considérera l’absence de C’mon comme une faute. Mais allez, personne n’est parfait. Voyez, C’mon est sorti fin juillet 2011, et B’z no bise n’en a toujours pas présenté de critique début 2012 ! Enfin, nous allons nous réjouir de la nomination du single de l’année, Sayonara Kizudarakeno Hibiyo.

Foncez donc et votez pour le plus grand groupe du Japon qui s’apprête cette année à sortir de ses frontières. Vous avez jusqu’au 2 février !

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Sayonara Kizudarakeno Hibiyo / Adieu jours pleins de blessures

J’en ai eu assez de cette situation
Dans laquelle je me trouvais
Ta silhouette est partie, loin, bien loin
Au final j’ai acheté tant de choses non nécessaires
Ma chambre en est pleine à craquer
Quelqu’un pour la nettoyer s’il vous plaît

Adieu jours pleins de blessures
Je vise un monde nouveau
Je ne serai plus ici quand demain viendra
L’adieu est une chose nouvelle et douloureuse
Vole et glisse avec le vent invisible

J’ai réalisé que
Le seul à me blesser,
C’était moi
Oui chérie, c’est vrai, tellement triste

Le miroir est rempli de moi-même
En le regardant j’arrête de chanter des chansons de haine
Et je sors

Adieu jours pleins de blessures
Je vise un monde nouveau
Même si mon premier pas devait être tremblant
Couvert de poussière, il va me falloir connaître l’amour en ressentant le toucher d’autrui
Vole et glisse avec le vent qui te coupe les joues

Adieu jours pleins de blessures
Je vise un monde nouveau
Je ne serai plus ici quand demain viendra

Merci jours pleins de regrets
Je peux le dire maintenant
Les gens ne changent pas si facilement
Mais un jour ils connaîtront l’endroit où ils peuvent retourner
Vole et glisse avec le vent invisible

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A propos de Sayonara Kizudarakeno Hibiyo : On avait quitté B’z en 2009 sur l’énormissime chanson de fin de l’album MAGIC : Freedom Train, dont voici le dernier couplet :

Le bonheur ne vient pas de n’importe où
Nous sommes dans le Train de la Liberté, Il se trouve en toi
Les choses posées sur les rails et que toi seul a choisies
Tu es dans le Train de la Liberté, C’est cela la liberté

Il est évident que ces deux chansons demeurent dans le même état d’esprit. Nous avions analysé MAGIC comme un faux-semblant, comme la promesse d’un monde merveilleux permettant d’échapper à un monde en crise, mais ce monde magique était vain, et la chanson finale offrait une porte de sortie de ce monde illusoire. On s’embarquait alors sur le Train de la Liberté et on repartait affronter la dure réalité. “Adieu jours pleins de blessures” s’inscrit donc dans une continuité thématique : partir afin de découvrir un ailleurs ou un nouveau soi-même, pour mieux revenir. Et au fond, à quoi dit-on adieu ? Au matérialisme d’une chambre pleine à craquer de choses futiles, et à un miroir reflétant un égo et un individualisme exacerbé. Quand on associe cette chanson aux terribles images de la catastrophe du 11 mars 2012, on saisit mieux le sens prémonitoire de ces paroles. Et en effet, ces paroles prennent un écho tout à fait singulier :

Adieu jours pleins de blessures
Je vise un monde nouveau
Je ne serai plus ici quand demain viendra

Musicalement, si Freedom Train s’imposait comme un titre hard-rock puissant, Sayonara Kizudarakeno Hibiyo n’est pas en reste. Ce single nous aura surpris par son riff agressif (et quelque peu emprunté à Humans Being d’Eddie Van Halen, ami de Matsumoto au passage). Voilà un titre b’zien sans concession comme on les aime. Surtout, “Sayonara…” marque vraiment le retour des grands solos de Matsumoto. Sa guitare semble reprendre ses droits, ce qui se confirmera par la suite sur Don’t Wanna Lie et C’mon, là où le guitariste semblait s’être effacé sur les singles précédents, n’offrant plus que des solos guitarre trop courts. Ainsi, même si l’on garde un bon souvenir des singles de 2009 tels qu’Ichibu to Zenbu, DIVE et MY LONELY TOWN, on peut affirmer sans crainte que “Sayonara…” leur est largement supérieur.

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Un petit chef-d’oeuvre de clip, ou une parabole de fin du monde, à laquelle on peut résister.

B’z tient avec le clip de son 48ème single un petit chef-d’oeuvre de réalisation faisant oublier les précédents. B’z se plaît depuis MY LONELY TOWN à fréquenter les lieux déserts, Inaba aussi dans le clip de Hadou. Ici, c’est plus que ça. On est témoin d’une sorte de fin du monde nous rappelant furieusement Dragon Ball et le chapitre culte du combat opposant Gokû à Freezer sur la planète Namek en train d’exploser.

Ici, B’z n’affronte pas Freezer mais la manière de jouer de Matsumoto et de chanter d’Inaba évoque un combat. Un combat contre les éléments déchaînés. Là encore, le clip a quelque chose de prémonitoire par rapport au 11 mars. Cependant, les deux héros de B’z semblent totalement imperturbables, indestructibles.

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Dawn Runner / Le coureur de l’aube

Je me réveille vers trois heures, frotte mes yeux ensommeillés et lave mon visage
Si mes baskets sont bien attachées, elles me permettront de garder ma vitesse

J’écrase des tas mouillés de feuilles mortes

Je veux me baigner dans le soleil matinal
Et me sentir comme si des parties brûlantes de ma vie étaient en train de fondre
Même si ce n’était que l’illusion de l’autosatisfaction
Je veux me sentir comme si je renaissais

Dans une vie quelque peu nouvelle

Si je prends la voie de la solitude, les autres ne signifieront plus rien pour moi
Rien ne reviendra, ma passion court dans une seule direction

Même si je suis trahi, je m’en moque

Je veux me baigner dans les applaudissements et je veux la gloire
Bien que j’aie de mauvaises intentions
Il est vain de se soucier de ma propre valeur
Car lorsque je cours mes illusions se font secouer

Par une vie quelque peu simple

Je veux me baigner dans le soleil matinal
Et me sentir comme si des parties brûlantes de ma vie étaient en train de fondre
Je n’arrête personne, je n’incite personne
Je dois m’arrêter, ça va pour moi
Alors que des rythmes non troublés me traversent
Je vais voir des choses non vues jusque-là

Dans une vie quelque peu nouvelle
Dans une vie subitement qui déferle

Je veux me baigner dans le soleil matinal

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A propos de Dawn Runner : On a appris que le titre intial était The Runner et surtout que c’était une chanson destinée à l’origine à l’album ACTION. Finalement laissé de côté, ce titre est donc réapparu en face B, le groupe considérant qu’il complétait bien Sayonara Kizudarakeno Hibibyo. Et effectivement, les deux morceaux s’emboîtent à merveille, conférant au disque une atmosphère toute particulière, tout à la fois sombre et emplie de puissance. On peut aujourd’hui se demander pour quelle raison The Runner a été délaissé en 2007, tant ce titre est excellent. ACTION comportait 17 chansons, et on n’aurait aucun mal à remplacer FRICTION -LAP 2- par Dawn Runner. Mais ainsi en va la vie des albums. Leurs concepteurs doivent prendre des décisions qui peuvent paraître étonnantes aux amateurs. Dans le même genre, mais en plus célèbre, on peut penser à la géniale Blind Willie McTell de Bob Dylan, enregistrée en 1983 pour l’album Infidels, écartée par son auteur et redécouverte près de dix ans plus tard sur un album Bootlegs. Cela donne à espérer que B’z possède d’autres petits joyaux en réserve, et qui sait, un jour à la manière du grand Bob, le grand B’z sortira aussi ses bootlegs des cartons, pour notre plus grand plaisir.

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Si Dawn Runner est un régal musical, on se demande si les paroles ne sont pas à l’origine du retrait de l’album ACTION. Même si on se rappelle que le titre Kuroi Seishun, sur le même album, était particulièrement sombre, on doit reconnaître que ce Dawn Runner n’est pour le coup pas une chanson d’espoir comme B’z en a fait souvent. Il est toujours étonnant de voir B’z, groupe pop et rock qui a su conquérir les sommets des ventes de disques, proposer des titres aux textes si peu évidents. Comme souvent, Inaba parvient à nous raconter une histoire avec une situation de départ toujours intelligemment décrite. Quand on réécoute la chanson, on se prend à imaginer ce personnage taciturne se lever vers 3h du matin… et ressasser ses pensées tout au long de sa course…

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Sayonara Kizudarakeno Hibiyo était donc en 2011 le grand single b’zien que l’on attendait, n’enlevant rien aux qualités des singles précédents, mais possédant cette touche, ce fond d’âme supplémentaire qui fait la marque des grands singles. Single historique par son aspect prémonitoire, ce disque restera comme l’une des grandes étapes d’une année 2011 exceptionnelle pour le plus grand groupe du Japon. Quelque temps plus tard devait sortir le 49ème single de B’z : Don’t Wanna Lie, titre quelque peu inattendu, et tout aussi mémorable mais pour d’autres raisons. Ces deux titres devaient être suivis par la fabuleuse chanson titre de l’album C’mon.

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Evidemment, pour tout cela, nous pensons que Sayonara Kizudarakeno Hibiyo devrait arriver en tête des singles de groupes masculins des French J-music Awards. Cela ne sera sûrement pas le cas, mais allons savoir.

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Et restez connectés ! L’année 2012 ne fait que commencer, et si nos pressentiments s’avèrent justes…


B’z se lance à l’aventure en 2012

01 jan 2012 par Odon Vallon in Nouvelles

Courez voir le site officiel qui résume très brièvement l’année 2011 avec entre autres la victoire de Tak Matsumoto aux Grammy Awards en février pour l’album Take Your Pick avec Larry Carlton, le single Sayonara Kizu Darakeno Hibiyo, le titre C’mon en soutien aux Japonais et encore la tournée estivale au Canada et aux Etats-Unis, sans oublier le concert caritatif avec Linkin Park.

Il semble que 2012 sera l’année ou jamais pour le plus grand groupe du Japon. Enfin, après tant d’années d’attente de notre part, il semble que le duo se soit décidé à se lancer dans l’aventure internationale. Que nous réserve alors l’avenir proche ? La sortie mondiale d’un nouvel album ? La nouvelle version anglaise de Samayoeru aoi Dangan laisse présager d’un album de versions alternatives en anglais telles qu’on a pu en entendre lors de la tournée nord-américaine. Alors, y aura-t-il tout de même des nouveautés ? Des titres en japonais ? (espérons !!) Qu’en sera-t-il de l’Europe ?

Tant de questions… Et bientôt les réponses !

Restez connectés ! Et bien entendu, bonne année à tous !!


B’z & Pepsi Acte III

24 déc 2011 par Odon Vallon in News

Vous aurez certainement déjà découvert cette nouvelle publicité pour Pepsi Nex à laquelle participent Matsumoto et Inaba. La troisième cette année qui était une première. Ce n’est pas clair ? Rappelons qu’avant 2011, on n’entendait ou ne voyait B’z dans des publicités que lorsque le groupe faisait la promotion de ses propres disques, ou alors quand une marque utilisait l’un de ses singles, ce qui arrive régulièrement.

Cette année, la différence de taille tient au partenariat avec la marque Pepsi, laquelle aura utilisé trois chansons de B’z, mais surtout aura fait apparaître à l’écran Matsumoto et Inaba, lesquels n’avaient jusque-là jamais joué pour une publicité.

Revenons alors à l’Acte I. Nous sommes début mars quelques jours avant la catastrophe qui s’apprête à ébranler le Japon et émouvoir le monde. Le single Sayonara Kizu darake no Hibiyo peut s’entendre à peu près partout. On découvre une publicité pour le moins étrange. Tak Matsumoto et Koshi Inaba sont en train de chanter sur une route déserte, devant deux jeunes femmes qui ont l’air de bien s’éclater à les écouter, évidemment tout en buvant du Pepsi Nex.

Continuer la lecture…


Quatre ans plus tard…

19 nov 2011 par Odon Vallon in News

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C’est le 19 novembre 2007 que B’z faisait son apparition sur le Boulevard RockWalk de Hollywood. Quatre ans plus tard, nous avons retrouvé une vidéo saisissante pour tout fan de Matsumoto et Inaba, sachant qu’à l’époque assez peu d’images et de vidéos avaient été diffusées alors qu’il s’agissait tout de même d’un événement de taille. En effet, B’z était tout bonnement le premier groupe asiatique à se faire immortaliser sur le fameux Boulevard, aux côtés de nombreuses stars.

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La vidéo, dont voici le lien ci-dessous, vous permettra, le temps de quelques instants, de vivre avec intensité ce grand jour dans l’histoire du plus grand groupe du Japon. En arrière-plan, vous reconnaîtrez les bons amis tels que Steve Vai, Stevie Salas, Juan Alderete et bien sûr Shane Gaalaas.

http://www.youtube.com/watch?NR=1&v=SrBAJLGSQJI

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La chanson choisie pour l’extrait vidéo, Bokuniwa kimiga iru, trouve une résonnance particulièrement juste, nous rappelant combien l’album ACTION, de cette même année 2007 était formidable. Peut-être imparfait, généreux en longueur et en émotions, ACTION représente ce que B’z a fait de meilleur dans les années 2000. (même si MAGIC se défend et que l’on parle bientôt de C’mon !)

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Au début de la vidéo, Matsumoto et Inaba, dans leur toute petite voiture de luxe de rien du tout, se rappellent que lorsqu’ils étaient venus à la cérémonie dédiée à Eddie Van Halen ils n’avaient rien pu voir tant il y avait de monde ce jour-là. Si Matsumoto s’en sort honorablement en anglais, on reconnaîtra qu’Inaba casse la baraque, semblant bien plus à l’aise que lors de ses récentes interviews en anglais (notamment avec Linkin Park). On rêve toujours de le voir causer aux Grammy Awards pour une éventuelle victoire. Après celle de Matsumoto et Carlton cette année, tous les rêves sont permis !

Il n’empêche, vous remarquerez qu’Inaba est à deux doigts de tomber à la renverse, comme submergé par les émotions.

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Menteur ! Menteur !

31 oct 2011 par Odon Vallon in Nouvelles, réflexion

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Baby do you want the truth? Baby do you want it?

C’est sur ces mots en anglais que finissait l’une des meilleures chansons de B’z, toutes époques confondues, à savoir Liar! Liar! Paru il y a un peu plus de quatorze ans, le 8 octobre 1997, le 23ème single du duo devait un mois plus tard se retrouver sur le génialissime album SURVIVE.

Cette chanson hard rock, en plus d’être sans concession sur le plan musical, tranchait par ses propos acides que nous donnons à redécouvrir ci-dessous :

Liar! Liar! 

Ton visage dit que tu as le coeur à chanter
En chemise jaune et traversant la rue avec ton mari que tu tiens intimement par le bras

Vais-je t’écraser en accélérant à fond ?
Ce grand embouteillage n’est pas la cause de ce terrible mal de tête
Je m’interroge à ton sujet avec tant d’obstination, je vais finir par me sentir misérable

Vous, menteurs, menteurs Je ne peux plus vous croire
Ô que le paradis des adultes est acide
Ce n’est pas une question d’aimer ou de détester
Seul, celui qui est faible se laisse tomber

Mon professeur a un entretien avec maman, le gouvernement avec les petits hommes verts et la police avec de mauvaises gens
Ainsi ils règlent leurs problèmes confidentiellement, c’est un sombre marécage

Si je suis devenu incrédule
Ce n’est pas à cause des hebdomadaires mais à cause de toi
Mais savoir la vérité n’est pas tout

Oh, menteurs, menteurs Je ne peux plus vous croire
Ô que le paradis des adultes est acide
Ce n’est pas une question de bien ou de mal
Tels sont les problèmes que la terre porte en tournant

Notre place à nous ! Cet espace abrupt !
Allons, tenons-nous prêts

Vous, menteurs, menteurs Je ne peux plus vous croire
Ô que le paradis des adultes est acide
Laisse-moi croire à toute cette comédie
Persuade-moi qu’il n’y a pas de mensonge

Oh, menteurs, menteurs Le monde entier ment
Si mon amoureuse est heureuse c’est parfait

Ma chérie, est-ce que tu veux la vérité ?
Ma chérie, est-ce que tu veux la vérité ?

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Sans prétendre être un pamphlet contre la société, Liar! Liar! offrait une réelle charge contre le monde des adultes, monde perverti par le mensonge et la corruption. Inaba adoptait un point de vue qu’il affectionne, celui de l’enfant, donc de l’innocence, qui pointe du doigt les travers d’un monde où la vérité n’est pas la règle.

Comme souvent, il exprime une certaine rage vis-à-vis de sa bien-aimée, comme si la relation amoureuse ne pouvait s’envisager que sous l’angle amour-haine. Connaissez-vous beaucoup de textes dans lesquels le chanteur dit à sa copine qu’il “rêve de l’écraser en accélérant à fond” ? Les relations entre adultes sont donc faussées. Les gens ne sont pas ensemble pour les bonnes raisons. Les parents et les enseignants en prennent aussi pour leur grade, eux qui se réunissent, sûrement pour dire du mal de l’enfant-élève. (même si de nos jours les enseignants japonais sont en grande souffrance, devenus de vrais boucs-émissaires de la société) Le personnage de l’enseignant n’est pas si rare chez Inaba, autrefois prof de math avant d’embrasser une carrière de chanteur.

La police ? Elle pactise avec de mauvaises gens, comprenez les yakusas. Personnages mythiques de cinéma, il n’en reste pas moins qu’ils sont de vrais voyous (code d’honneur ou non), gangraine de la société car à la source de la corruption. Quant à la politique, au gouvernement, lequel apparaît exceptionnellement dans une chanson de B’z, il fait des affaires avec les extraterrestres. En 1997, la série X-Files était au summum de son succès (et LOVE PHANTOM servait de générique de fin au Japon), les idées de théorie du complot, de gouvernements en lien avec des forces mystérieuses venues du fin fond de l’univers, commençaient à fleurir. Inaba s’en amuse et offre une lecture multiple. Est-ce l’enfant ou l’adulte enfant qui ne connaît rien à la politique qui s’exprime, sans faire de distinction entre les hommes politiques de séries et les hommes politiques réels ? Est-ce de la pure ironie, tant la politique japonaise (et ce jusqu’à nos jours) semble passer au second plan des préoccupations du pays ?

Quoi qu’il en soit, je ne sais pas précisément pourquoi B’z a écrit cette chanson en 1997, si elle se rapporte à un contexte particulier de cette époque. Cependant, quatorze plus tard, B’z revenait au thème du mensonge avec Don’t Wanna Lie. Cette fois, ce n’était plus une accusation portée par un enfant, mais le voeu d’un adulte de ne pas mentir, sachant que ne pas mentir est chose quasi impossible dans le monde des hommes.

Don’t Wanna Lie

Toute personne conserve des choses qu’elle ne désire pas partager
Dans le but de les protéger jusqu’au bout. C’est notre instinct de nous battre pour ces choses

Pour ma part, cela fait combien d’années que je te déçois sans cesse ?

Je ne veux pas mentir, je ne veux pas mentir Je veux me sentir vivre
Je veux essayer, je veux essayer Essayer en fouettant mon coeur pour l’encourager
Demain sera changé par un instant, c’est peut-être maintenant

Sans avoir décidé ce que je voudrais sacrifier
Combien de sagesse et de courage se trouvent en moi ?

Les choses qu’il faut que je te dise, je les ai oubliées

Je ne veux pas mourir, je ne veux pas mourir Je ne vais pas faire cette chose folle
Je veux essayer, je veux essayer, comme par exemple hurler OUI !
J’ouvrirai la porte à un moment, cela pourrait être maintenant

Ce n’est pas le monde qui est compliqué, c’est tout ce qui se trouve dans ma tête

Les choses, tu ne les apprécies que lorsque tu les perds, c’est ce qui les rends si précieuses
L’instant silencieux passe à un rythme inconnu

Je ne veux pas mentir, je ne veux pas mentir Je veux me sentir vivre
Je veux essayer, je veux essayer, je veux avancer à tes côtés
L’instant pour décider de ma vie, cela pourrait être maintenant

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Dès le début de la chanson, Inaba évoque les secrets que chaque individu veut garder pour soi. C’est le point de départ du mensonge. Car le mensonge est bien une technique pour conserver un secret ou simplement une chose intime. Il affirme même que c’est une question d’instinct. Déjà, on a le sentiment que l’enfant qui s’exprimait dans Liar! Liar! a fait des concessions en devenant adulte. S’il a perdu ses illusions, a-t-il pour autant perdu son innocence ?

Bien entendu, on se rappelle que cette chanson a été pensée au départ comme générique pour la série animée Détective Conan. On se rappelle que le héros, un adolescent, se voyait dès le premier épisode transformé malgré lui en enfant. Afin de ne pas mettre ses amis et surtout sa (présumée) petite amie en danger, il décidait de ne pas dévoiler son secret et adoptait une nouvelle identité, celle d’un enfant dix ans plus jeune que son âge véritable. Même s’il s’agit d’un manga grand public, Détective Conan s’inscrit dans la grande tradition des récits de transformation et de secrets de l’identité (dans la culture pop contemporaine, Spider-Man en est peut-être le plus grand représentant).

Dans tous les cas, un secret et le mensonge servant à le masquer sont toujours lourds à porter. C’est pourquoi Inaba dit qu’il veut se sentir vivre, sûrement détaché du poids du secret et du mensonge. La vérité serait-elle une délivrance ? Un point important, si ce n’est primordial, qui revient tout au long de la chanson, c’est l’instant, l’instant de vérité, l’instant où l’on va dire la vérité qui peut changer le cours de l’existence. En effet, lorsque l’on a commencé à mentir, ou ne serait-ce qu’à omettre une partie de la vérité, à partir de quand peut-on dévoiler cette vérité ? On peut imaginer que plus l’attente sera longue et plus cet instant sera dur.

La phrase clé de Don’t Wanna Lie est peut-être la suivante :

Ce n’est pas le monde qui est compliqué, c’est tout ce qui se trouve dans ma tête

Alors que dans Liar! Liar! le chanteur adoptait le point de vue d’un enfant, innocent et incapable de se remettre en question, pour lequel seule la société était coupable de tout, il a clairement évolué dans Don’t Wanna Lie. Ce n’est pas tant le monde extérieur, la société, corrompue ou non, qui est la source des problèmes, mais soi-même. Le monde est bel et bien complexe, mais il l’est d’autant plus en fonction de la façon dont on pense et agit. Don’t Wanna Lie pose donc d’une certaine manière la question de la responsabilité. Il est facile d’accuser le monde entier sans assumer sa part personnelle de responsabilité. Après tout, Inaba ne dit pas qu’il ne mentira plus, mais qu’il ne veut pas mentir, comme si la vérité était une cause perdue. Cependant, la volonté de devenir meilleur existe.

Pourquoi cet article aujourd’hui ? Comme vous le savez, B’z est en pleine tournée au Japon, tournée débutée le 23 septembre dernier (au passage jour des 47 ans de Koshi Inaba). Et la liste des titres est intéressante puisque l’on y retrouve Liar! Liar!, très rarement jouée en concert ces dernières années. Regardons cela de plus près :

  1. Sayonara Kizudarakeno Hibiyo
  2. Samayoeru aoï Dangan
  3. Don’t Wanna Lie
  4. Pilgrim
  5. Hadashi no Megami
  6. Homebound
  7. Boss
  8. Hitoshizuku no anata
  9. Meïmeï
  10. DAREKA
  11. SPLASH! (version anglaise)
  12. Brotherhood
  13. #1090 -Thousand Dream- (Matsumoto en solo)
  14. Ichibu to Zenbu
  15. Liar! Liar!
  16. ZERO
  17. DIVE
  18. The Meister
  19. C’mon
    Rappel
  20. ultra soul 2011
  21. Calling

Les deux chansons sur le thème de la vérité se retrouvent. Don’t Wanna Lie fort logiquement, puisque dernier single en date du groupe et titre de l’album C’mon sorti en juillet. Mais aussi donc Liar! Liar!, faisant écho à Don’t Wanna Lie. A son humble niveau, il semble évident que B’z envoie un message. Tous ces menteurs que l’on ne veut plus croire, ce sont TEPCO, l’entreprise d’énergie électrique en position de leader du nucléaire au Japon dont le monde entier a pu constater, effaré, la gestion calamiteuse de la catastrophe du 11 mars. Mais aussi la classe politique dans son ensemble, plus obsédée par les démissions en chaîne des premiers ministres qu’autre chose, semblant déconnectée de la réalité de la gravité de l’accident nucléaire de Fukushima. Qu’en est-il de la réalité de la situation aujourd’hui, sept mois après le tsunami du 11 mars ? Que sait-on de la pollution nucléaire sur le Japon ? Tout le monde continue sa petite vie ? Et la vérité ?

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Le single Don’t Wanna Lie était sorti à un moment propice, en pleine crise de Fukushima, crise d’ailleurs non terminée. Si la volonté de ne pas mentir, de ne pas se mentir à soi-même en fermant les yeux sur la situation, sonnait juste, la phrase Don’t Wanna Lie sonnait encore plus juste face aux responsables de TEPCO et aux divers hommes politiques du gouvernement comme de l’opposition (laquelle était au pouvoir pendant plus de cinquante ans et largement responsable de la crise).

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B’z n’a jamais été et ne sera jamais un grand chevalier blanc, mais ce retour sur scène d’un titre tel que Liar! Liar! n’est pas anodin. La combinaison avec Don’t Wanna Lie ne rend ce titre culte de 1997 que plus fort encore. Le titre prémonitoire qu’était Sayonara Kizudarakeno Hibiyo (Adieu jours pleins de blessures) prend tout son sens en première place, pour débuter le concert. On retrouve fort logiquement Brotherhood, hymne b’zien à la fraternité et la solidarité. ZERO, dans laquelle Inaba parle de retourner au point zéro, infiniment blanc et donc pur, suit assez logiquement Liar! Liar!, critique d’un monde pourri. Le concert se termine enfin une première en beauté avec C’mon, réel chanson d’encouragement destinée aux Japonais après le 11 mars.

Enfin, à l’instar de l’album C’mon et des concerts américains de cet été, le rappel se termine par ultra soul 2011, histoire de se redonner du baume au coeur. Etonnamment, l’ultime chanson n’est pas ultra soul mais Calling, chanson de fin de l’album SURVIVE, comme pour rappeler que malgré tous les coups que la vie peut nous donner, il faut penser à survivre. Et l’on se rappelle la dernière phrase de cette même chanson, en anglais :

Can you hear the calling?

Peut-être est-elle destinée aux victimes du 11 mars. Entendez-vous l’appel ? Vous n’êtes pas seuls.

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Allez, on se retrouve d’ici peu pour les critiques des deux singles de l’année et un peu plus tard pour celle de C’mon ! Restons connectés !


350 000 dollars

04 sept 2011 par Odon Vallon in Nouvelles

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350 000 dollars, c’est donc la somme que Linkin Park et B’z auront réussi à récolter grâce à l’exceptionnelle mobilisation de 500 fans, lesquels auront eu le privilège d’assister au fameux concert secret du 31 août au Mayan Theater de Los Angeles. On rappelle que pour obtenir son billet il fallait créer une page web et parvenir à lever 500 dollars minimum dans le but d’aider les victimes du tsunami du 11 mars.

Pour B’z, c’était l’occasion de se produire, non pas pour la première fois aux Etats-Unis, mais pour la première fois devant un public étranger qui ne le connaissait pas.

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B’z s’est donc présenté dans une configuration similaire à celle de la tournée long time no see, notamment avec le même jeu de drapeaux japonais et américains en fond.

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Voici donc une série de liens pour vous donner une idée de cette soirée tout à fait spéciale et très peu médiatisée. Certains d’entre vous sauront peut-être retrouver ce concert “secret” sur internet. Ne vous gênez pas trop, pratiquement toutes les chansons de Linkin Park se retrouvent sur Youtube, pas celles de B’z…

Extraits de DIVE et interview :

http://www.youtube.com/watch?v=GTYAcQQytsY&feature=related

Extrait de Dangan :

http://www.youtube.com/watch?v=XC_WnxWH2UI&feature=related

Journal télé japonais du matin :

http://www.youtube.com/watch?v=X8zBClfwfAc&feature=related

Et Koshi Inaba remerciant le public :

http://www.youtube.com/watch?v=KhrlfktuQ2I&feature=related

Voilà, pour le coup, l’intérieur du Mayan Theater nous évoquerait presque les pochettes de The Best Pleasure et Treasure de 1998 !

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Et jetez encore un coup d’oeil à cette galerie :

http://www.flickr.com/photos/forrest_brown/6104169314/in/photostream/


L’ange de B’z et la bise d’Angèle

03 sept 2011 par Odon Vallon in Nouvelles

Bonjour à tous ! B’z no bise traverse une période où ses membres, dont moi-même en priorité, sont trop occupés pour écrire des articles dignes de ce nom. Mais B’z a un ange gardien en la personne de chtite_asu, véritable fer-de-lance actuel de la critique de musique japonaise. Par chance, elle est aussi fan de B’z et a largement couvert l’activité du groupe ces derniers mois par l’intermédiaire de son blog comme de Total Manga.

pom_ba11.png

N’étant plus en mesure ces derniers temps de vous offrir des critiques de qualité (Hadou attend toujours !), je vous invite à aller lire l’excellente critique de C’mon de chtite_asu sur Total Manga. N’hésitez pas non plus à noter l’album !

http://www.total-manga.com/j-music/critique-c-mon-fc8258-3.html

Merci pour tout Angela, tu es notre Taïyo no Komachi Angel !

cmon-27-juillet-2011.PNG


Rendez-vous au Théâtre Maya avec B’z et Linkin Park

19 août 2011 par Odon Vallon in Nouvelles

linkin-park-et-bz-pour-un-concert-caritatif.PNG

Mike Shinoda et Dave Farrell de Linkin Park semblent assez fiers d’avoir réussi leur pari grâce à leurs fans prêts à tout pour les voir mais aussi pour soutenir une bonne cause. Ainsi, les 500 premiers tickets ont quasiment tous été distribués à ceux qui auront réussi à réunir un minimum de 500 dollars destinés aux victimes du tsunami du 11 mars dernier.

http://www.give2gether.com/projects/music-for-relief/

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=0csRjUTv-b8#!

Les deux musiciens ont donc dévoilé le lieu jusqu’ici tenu secret de ce concert très particulier dont B’z sera l’invité d’honneur. Il s’agira du Mayan Theater dont je vous invite à visiter le site. L’endroit a l’air formidable.

http://www.clubmayan.com/web07/main.htm

linkin-park-bz.jpg

Restons connectés ! (même si au moment du concert et dans la période qui précédera et suivra je ne serai sûrement pas en mesure d’écrire sur B’z no bise, mais pas de soucis, je reviendrai plus tard pour la suite des événements !)




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